Plusieurs études ont montré les effets des inégalités sociales et de santé sur la transmission de la COVID-19. Par ailleurs, les campagnes de vaccination contre la COVID-19 ont aussi mis en évidence le lien entre hésitation vaccinale et populations précarisées dans les pays occidentaux. Alors que les premières recherches ont insisté sur les facteurs de risque des formes graves de la maladie tels que l’âge et des comorbidités, des chercheurs suggèrent d’élargir le champ d’études de la COVID-19 en mobilisant le concept de syndémie pour insister sur l’entrelacement des maladies, des facteurs biologiques, sociaux et environnementaux qui, par leur synergie, aggravent les conséquences de ces maladies sur une population. Si ces déterminants épidémiologiques et sociaux de la COVID-19 ont fait l’objet de recherches, l’étude des conséquences sanitaires et sociales des mesures populationnelles (confinement, chômage partiel, fermeture des écoles, etc.) sur les inégalités sociales et de santé n’a été que rarement abordée. Ce projet G3 entend valoriser les recherches effectuées afin de préparer une étude comparative approfondie et interdisciplinaire des effets de ces mesures sur les populations précarisées de Montréal, de Genève et de Bruxelles.
Les objectifs de ce projet visent a) à fournir une analyse comparée de la syndémie de COVID-
19 (épidémiologie, mesures sanitaires et sociales) dans les trois villes sur la base de recherches déjà effectuées, notamment par les unités de recherche de cette proposition, b) d’identifier des innovations et les ressources mobilisées par des acteurs collectifs de terrains (communautaires et associatives) en réponse à la pandémie et aux inégalités de santé, et c) à construire un projet de recherche comparée portant sur l’analyse des effets des politiques sanitaires et sociales mises en place pour lutter contre la COVID-19 y compris la vaccination, auprès des populations les plus vulnérabilisées dans les trois villes en interrogeant les articulations et leurs absences entre les divers acteurs impliqués (au niveau sanitaire et social).
Plus spécifiquement, ce projet G3 entend, sur la base de travaux existants, répondre à diverses questions de recherche :
Les villes du Sud Global connaissent de profondes transformations à la faveur de la révolution numérique, de la financiarisation, de la diffusion de nouveaux paradigmes urbanistiques (technologiques, climatiques), de la diffusion d’un urbanisme de projet et de l’action de nouveaux acteurs étatiques (Chine, Singapour) et privés (promoteurs, investisseurs). Ces tendances portent de nouvelles formes de « globalisation urbanistique » et de pratiques citadines encore trop méconnues.
Ce projet propose d'interroger cette globalisation urbanistique en :
favorisant la formation et la mobilité des étudiant.e.s de nos trois universités en organisant conjointement un atelier d’urbanisme international dans un contexte métropolitain du Sud. Les termes de références, concepts, outils, rendus et rapports finaux de l’atelier seront discutés conjointement dans les trois universités avant, pendant et après le terrain.
consolidant un réseau de chercheurs étudiant les dynamiques émergentes de production des villes du Sud dans les trois universités et leur donnant les moyens de développer un agenda de recherche commun et comparatif sur les enjeux urbains globaux autour des activités académiques menées à l’Université de Montréal (Département de géographie), à l’Université libre de Bruxelles (Faculté d’Architecture) et à l’Université de Genève (Institut de Gouvernance de l’Environnement et du Développement Territorial de la Faculté des Sciences de la Société).
L’équité, la diversité et l’inclusion sont des sujets vifs, tant dans le monde académique que professionnel : le nombre de colloques et de publications sur le sujet est en augmentation constante et de plus en plus d’organisations s’intéressent à ces questions. Les universités jouent un rôle capital dans ces démarches car elles ont la responsabilité d’offrir le modèle d’une société équitable, inclusive et innovante.
A Bruxelles, Genève et Montréal, la diversité est partie intégrante des activités d’enseignement, de recherche et des politiques d’intégration. Pour donner quelques exemples, l’ULB a une politique très active dans le domaine, avec plusieurs projets d’envergure sur la question de l’égalité de genre, comme CALIPER par exemple ; l’Université de Genève organise une école d’été et une formation continue, qui connaît un succès retentissant, permettant l’échange des bonnes pratiques et des événements de sensibilisation. L’Université de Montréal déploie d’importants efforts dans le but de favoriser l’intégration des principes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans la recherche et la gestion universitaire.
Le projet proposé vise à favoriser la collaboration entre les trois universités sur le thème Égalité, diversité, Inclusion (EDI) en s’attardant plus spécifiquement à son application dans les milieux universitaires et ses trois volets : recherche, formation et impact sociétal. Plus concrètement, le projet a comme ambition de développer du contenu pédagogique innovant sous la forme de capsules vidéo, de proposer un ouvrage collectif interdisciplinaire et de développer un programme avec les étudiants pour une université plus inclusive. Cela favorisera le débat sur la place de l’ÉDI dans les universités, comme vecteurs de changements et de développement durable.
Changements climatiques, désastres naturels, drames humains : les temps contemporains sont aux catastrophes. Pendant longtemps, et aujourd’hui encore, les catastrophes ont souvent été justifiées en termes providentiels, avant que le « désenchantement du monde » ne conduise l’humanité à les interroger sous des angles nouveaux, moraux (pourquoi ?), mais aussi savants (comment ?), historiques (quand ?) et affectifs (qui ?).
Ces questions n’ont pas seulement été posées dans des discours et des théories ; elles ont également nourri un véritable imaginaire catastrophique, s’incarnant dans des lieux et des représentations. Des lieux naturels et urbains, car le désastre marque toujours un territoire en l’inscrivant dans le temps présent et dans l’événement : la terre (éboulements et séismes), le feu (incendies et éruptions volcaniques), les eaux (inondations et raz-de-marée), les airs (épidémies, invasions d’insectes et contaminations radioactives), le ciel (orages et tempêtes, comètes et éclipses), la ville (ravages de la guerre, expropriations, destructions et rénovations urbaines, urbanisation des faubourgs et disparition des campagnes) et les activités humaines liées à ces lieux (effondrements d’édifices, accidents et collisions). Des lieux, donc, mais aussi des représentations : des images fixes (peintures, estampes) ou mobiles (spectacles pyrotechniques et naumachies, films et jeux vidéo), des univers sonores (bruits des jeux d’eau, des fontaines, des grottes et des cascades, dans les jardins et les villes, musiques et soundscapes), où le désastre est figuré, projeté, voire dépassé, en particulier, pour la Renaissance, dans un cadre narratif chrétien — Loth et ses filles avec la destruction de Sodome et Gomorrhe, l’Apocalypse, etc.
Ces paysages-catastrophes conservent les traces réelles ou imaginaires du désastre ; mais ils engagent aussi une autre manière de penser, de percevoir et de ressentir les bouleversements naturels et humains, qui ne sont plus mis à distance par le langage, mais pris dans la matière même des choses. Ils mettent en scène l’angoisse « catastrophiste », face aux destructions ou à l’imminence de nouveaux désastres, comme les espoirs placés dans la régénération du monde et les lendemains qui chantent. Ils suscitent la méditation sur les ruines sublimes, auxquelles une beauté est paradoxalement conférée, comme ils catalysent une nouvelle conscience patrimoniale, par l’appropriation du paysage détruit. Ils construisent l’espace d’un débat démocratique, en conférant une visibilité à la mémoire traumatique des désastres naturels et humains (le Pérou vice-royal) et des destructions (Dresde), mais manifestent aussi le pouvoir par l’invisibilisation ou la minimisation des dévastations, en particulier dans un contexte autoritaire ou colonial.
Dans le sillage des Disaster Studies, notre projet fait le choix d’une perspective globale et de la longue durée. Notre enquête commence au XVIe siècle, avec l’apparition du mot catastrophe dans la langue française, et se poursuit jusqu’aux temps les plus récents, marqués par des bouleversements environnementaux et climatiques. Il abordera le paysage catastrophe dans toute sa diversité thématique, géographique et historique — paysages sublimes, « apocalypses urbaines », Trümmerfilme, films et jeux « apocalyptiques » ou « post-apocalyptiques », disaster et nuclear movies, musique bruitiste et noise music, etc. —, en mobilisant de nombreuses sources différentes — peintures, estampes et photographies, architectures, plans urbains et cartes, jardins, ex-votos, guides et récits de voyages, ego-documents, correspondances, etc.
Penser la place des sciences des sexualités en bibliothèque universitaire
Entre la recherche en sciences des sexualités et les enjeux bibliothéconomiques
Avec l’essor manifeste du champ interdisciplinaire des sciences des sexualités, les directions des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles, de l’Université de Montréal et de l’Université de Genève ont vu une belle opportunité de réactiver la collaboration entre les trois directions des bibliothèques du G3, et de réfléchir à la place que ces collections peuvent prendre, ainsi qu’à l’importance d’offrir un soutien documentaire pour répondre à des besoins sociétaux émergents ou pour encourager la recherche sur les sexualités. Les trois directions de bibliothèques reconnaissent qu’il s’agit là d’un enjeu d’avenir, tant pour celles qui possèdent déjà des collections en la matière et du personnel dédié à ses questions, que pour celles qui s’interrogent sur leur rôle . En outre, elles constatent une demande croissante de la part des usagers et des usagères des bibliothèques universitaires qui souhaitent avoir accès à des ressources documentaires pour des projets de recherche, des publications, des thèses de doctorat et des mémoires de maîtrise sur des thématiques liées aux sexualités, tous domaines confondus.
À l’origine, ce projet découle de la collaboration entre le Centre Maurice Chalumeau en Sciences des Sexualités (CMCSS) et la Bibliothèque de l’Université de Genève, qui a récemment reçu un don d’un collectionneur privé de près de 50 000 documents liés au domaine des sexualités (collection Michel Froidevaux). La réception de cet ensemble documentaire soulève de nombreux questionnements qui ne semblent jusqu’alors pas avoir été abordés de façon spécifique au sein des institutions de l’espace francophone. Quelle place pour les sciences des sexualités en bibliothèque universitaire ? Comment promouvoir la particularité de ces collections ? Comment et pourquoi uniformiser des pratiques pour ces collections aux enjeux majeurs et spécifiques ? Comment des échanges peuvent contribuer au développement de ce champ émergent dans l’espace francophone alors que le monde anglophone dispose déjà d’acteurs connus en la matière, tels que le Kinsey Institute à l’Indiana University ? Comment mettre en dialogue les recherches développées au sein de nos universités avec les pratiques de nos bibliothèques universitaires ?
L’objectif de ce projet G3 consiste en l’association de l’Université Libre de Bruxelles, de l’Université de Genève et de l’Université de Montréal (de leurs bibliothèques et de différentes entités thématiques comme le CMCSS à Genève) par la formation d’un groupe d’échanges et de réflexions autour des collections et des services de soutien liés aux sexualités en bibliothèque universitaire. Ces trois partenaires se situent à différents stades de développement sur ces questions, ce qui bien loin d’être un frein au projet, constitue au contraire sa richesse. Les différentes réalités et pratiques des bibliothèques ainsi que le lien tissé avec les recherches en cours au sein de chaque université font émerger d’autres questionnements qui étayeront nos réflexions et fourniront des exemples concrets : quelle place accorder à des fonds privés (par la réception d’un don comme la collection Michel Froidevaux à Genève) au sein de bibliothèques universitaires ? Par quels moyens répondre au développement des sciences des sexualités lorsque les bibliothèques ne disposent pas de collections documentaires dédiées, comme c’est le cas à l’Université Libre de Bruxelles, même si l’Observatoire du Sida et des Sexualités récemment rattaché à l’ULB possède un centre de documentation ? Quelles relations sont entretenues avec les recherches menées au sein de chaque entité lorsque les ressources documentaires sont déjà présentes dans les collections, mais dispersées au sein de ses multiples bibliothèques, comme c’est le cas à l’Université de Montréal ? Qu’en est-il de l’adéquation des vocabulaires utilisés pour décrire ces documents, et donc des clés d’accès pour les repérer dans les outils et moteurs de recherche, étant donné l’évolution rapide de la terminologie pour ces questions ?
Ce projet entend contribuer à l’émergence et au développement des sciences des sexualités, en se penchant plus particulièrement sur les enjeux bibliothéconomiques des collections, de leur mise en valeur dans un contexte disciplinaire vaste et du soutien à apporter aux domaines du savoir en émergence. Les trois universités francophones partenaires réuniront ainsi les membres de leurs équipes tels que les bibliothécaires et ceux des communautés de recherche et étudiantes autour d’un objet d’étude commun : les sexualités.
La crise sanitaire qui frappe le monde depuis 2020 a montré l’importance des politiques publiques tant en matière de santé et de gestion de la crise sanitaire qu’au niveau des politiques sociales au sens large. Ces politiques publiques (gestion du confinement, augmentation des dépenses et réduction des recettes) depuis le début de la pandémie se sont traduites par une augmentation des déficits publics sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, et partant, de la dette des États. La crise financière de 2007-2008 et la crise des dettes souveraines en Europe qui l’a suivie ont montré qu’une dégradation importante des finances publiques pouvait se traduire par des réformes importantes des systèmes de sécurité sociale et des finances publiques en général (augmentation des prélèvements, diminution des prestations).
La manière avec laquelle les États vont devoir garantir la soutenabilité des finances publiques à la sortie de la crise sanitaire n’est aujourd’hui pas encore définie. Le choix portera-t-il sur un assainissement rapide des finances publiques comme au début des années 2010 ou, au contraire, sur des politiques de relance visant à soutenir l’économie et les services publics comme la majorité des États l’a fait depuis le début de la pandémie ? La sortie de la pandémie se traduira-t-elle par un réinvestissement dans les politiques visant les familles et les ménages moins favorisés ? Sans oublier que la Sécurité sociale est confrontée au choc du vieillissement tant au niveau de ses dépenses que de ses recettes.
Face à la crise sanitaire, aux pressions croissantes sur le financement des systèmes de sécurité sociale et aux enjeux liés au vieillissement de la population et aux pénuries de main d’œuvre, nous proposons d’apporter une analyse originale sous l’angle du fédéralisme fiscal. Un élément essentiel du débat porte sur la manière d’organiser et de gérer les différentes composantes de la Sécurité sociale dont notamment l’efficacité d’une politique de centralisation ou de décentralisation des politiques publiques tant en termes de dépenses que de recettes.
Dans ce projet, il s’agit d’étudier l’impact sur la gestion de la pandémie et sur les finances publiques de la répartition des compétences et des ressources budgétaires relatives à la sécurité sociale dans trois pays relativement décentralisés : la Belgique, le Canada et la Suisse. Ces trois pays, aux caractéristiques socioéconomique proches et partageant l’usage du français et d’autres langues, présentent cependant des différences importantes dans leur organisation institutionnelle. La Suisse, où les cantons possèdent de nombreuses compétences en sécurité sociale, connait depuis longtemps une tendance à la centralisation. À l’inverse, la Belgique connait une décentralisation rapide, la dernière réforme de l’État (2014), de grande ampleur et concernant principalement des matières de sécurité sociale, est à peine opérationnalisée que l’autorité fédérale s’engage à une nouvelle proposition pour 2024 qui viserait à la décentralisation des soins de santé. Le système de sécurité sociale au Canada s’éloigne de ces deux systèmes, celui-ci n’étant pas structuré autour d’un système fédéral intégré mais autour d’une division passablement étanche des compétences, qui laisse chaque ordre de gouvernement avec des responsabilités propres.
Le Sahel est traversé depuis plus d’une décennie par de multiples crises. Aux manques d’infrastructures d’approvisionnement, s’ajoute la problématique de leur protection contres des attaques armées. Les eaux souterraines constituent une ressource abondante clé pour la résilience climatique mais demeurent mal connues et sous-valorisées. Cependant, l’eau est aussi un outil de coopération, dont l’Afrique est pionnière dans la coopération interétatique. L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et du fleuve Gambie (OMVG) en sont des exemples emblématiques. Le Rapporteur spécial sur les droits humains à l’eau potable et à l’assainissement a souligné que ces deux organisations représentent des bonnes pratiques dans son rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies de 2023 (A/78/253).
Depuis 2018, le Geneva Water Hub, un centre de compétences sur l’eau pour la paix de l’Université de Genève, a mis en place deux programmes de recherche. Le premier vise à promouvoir un dialogue sur l’eau comme vecteur de paix au Sahel et le deuxième étudie la relation entre l’eau et les conflits armés en se fondant sur la Liste de Principes de Genève sur la protection des infrastructures hydrauliques et vise à renforcer les mécanismes de mise en œuvre de droit international notamment en examinant comment l’eau fait partie des crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et du génocide.
Le partenariat G3+ renforcera le volet académique et les synergies entre ces deux programmes de recherche. Le financement du projet « L’eau comme vecteur de paix au Sahel » permettra la tenue d’un colloque scientifique à Dakar et contribuera à soutenir la mobilité d’étudiants entre les quatre universités. Les étudiants engagés aideront au développement de cliniques juridiques sur la prévention de conflits liés à l’eau et le renforcement de la protection de l’eau en temps de conflit armé. Le financement d’un colloque scientifique à Dakar permettra de disséminer la connaissance dans la région sur la coopération transfrontière au Sahel avec pour objectif de renforcer la vision de l’eau comme vecteur de la cohésion sociale intercommunautaire et de consolidation de la paix. L’objectif de ce colloque consistera à préciser les objectifs de recherche d’un nouveau réseau de chercheurs du G3+. Ce réseau appuiera également les décideurs locaux afin de prendre des décisions fondées dans des évidences scientifiques.
Le colloque mobilisera une expertise multidisciplinaire et les thématiques abordées incluront : 1) la gestion conjointe entre eaux de surface et souterraines ; 2) l’évolution institutionnelle et les mécanismes de financements des cadres de coopération dans le domaine de l’eau ; 3) la protection de l’eau en temps de conflit armé. Les résultats de ce colloque seront publiés dans un ouvrage.
Le réseau de chercheurs du G3+ permettra d’innover le discours actuel qui présente souvent l’eau comme une source de conflit. Les travaux de chercheurs offriront des illustrations de comment l’eau peut servir d’outil pour la paix au Sahel et soulignera la responsabilité des acteurs académiques francophone du G3+ à disséminer cette connaissance pour transformer le narratif autour de l’eau de source de conflit en instrument de paix.
L’articulation des transitions écologique et numérique apparaît actuellement comme un moyen prometteur pour résoudre les défis de durabilité. Cependant, son efficacité est confrontée à un défi majeur : comment éviter que les impacts environnementaux des systèmes numériques ne se superposent à ceux des systèmes existants au lieu de les atténuer, créant ainsi des effets de rebond potentiellement néfastes ? Impliquant l'intégration d'innovations numériques dans divers secteurs tels que le bâtiment, la mobilité, l'agriculture, et les services, pour optimiser leur performance environnementale, cette « transition double » pose des défis nouveaux à la gouvernance des infrastructures existantes et nouvelles. Comment donc assurer la réalisation des objectifs de durabilité poursuivis ?
C'est la question fondamentale que cette collaboration interdisciplinaire entre des équipes de l’UNIGE (sociologie de l’innovation), l’ULB (gestion de l’environnement) et l’UdeM (aménagement) se propose d’aborder en examinant les enjeux que soulève la gouvernance conjointe de l’innovation et de l’exnovation dans la transition double. Récemment intégré aux études sur la transition vers la durabilité, le concept d’exnovation souligne la nécessité d'une gouvernance active, parallèle à l’introduction de technologies et pratiques, de l’abandon et du retrait de celles devenues problématiques. L’articulation de l’innovation et de l’exnovation en vue d’assurer la durabilité constitue ainsi un défi nouveau pour la réussite de la transition double qu’il s’agit de confronter dans ce projet en examinant les cas de Genève, Bruxelles et Montréal, trois métropoles moyennes situées dans les régions francophones de pays plurilingues aux systèmes politiques fédéraux.
Le programme de travail se structure autour de trois colloques semi-publics avec la participation d’experts académiques et non académiques. Le premier colloque à Genève examinera les défis liés à la double transition dans les secteurs de l'aménagement urbain, de la mobilité et de l'énergie, en s’attardant sur les risques d'effets de rebond. Le deuxième colloque à Bruxelles se concentrera sur la gouvernance de l'exnovation comme solution aux effets de rebond. Il analysera comment les politiques peuvent piloter le déclin des technologies et pratiques non durables. Le dernier colloque à Montréal se penchera sur la gouvernance démocratique de l'exnovation dans l'aménagement urbain, en mettant l'accent sur la participation citoyenne, la collaboration public-privé et la responsabilisation des universités dans la double transition. Deux écoles doctorales à Genève, en 2024 et 2025, complètent le programme.
Le projet espère ainsi approfondir la compréhension des enjeux de la transition double, en favorisant le partage d'expériences et la recherche de solutions innovantes dans les trois régions étudiées. Disséminés via des publications et par le biais d’un travail actif de transfert vers la pratique, les résultats du projet renforceront la visibilité internationale de la recherche francophone dans un contexte largement anglophone, tout en contribuant à relever les défis actuels de la durabilité, de la numérisation, et de l’innovation responsable. À terme, le projet vise à pérenniser cette collaboration sur un sujet stratégique par le biais de nouvelles initiatives de recherche, de formation, et de transfert vers la cité.
Prenant appui sur l’élargissement en mai 2023 du G3 à l’Université Cheikh-Anta Diop de Dakar (UCAD), ce projet propose de réfléchir aux enjeux de la production, de la circulation et de l’échange des savoirs dans les relations Nord-Sud. L’inclusion de l’UCAD dans le réseau du G3 s’inscrit dans une stratégie, développée de façon différenciée dans les 3 institutions fondatrices du réseau, d’approfondissement des relations avec des partenaires universitaires en Afrique et d’élargissement de l’offre de formation dans le domaine des études africaines. Ces développements ont eu lieu dans un contexte particulier, marqué notamment par des appels à une « décolonisation » des savoirs et des pratiques de la recherche à propos des sociétés africaines, ainsi que par des mobilisations sociales et politiques en Afrique pour remettre en cause les relations internationales africaines post-coloniales. Mot-valise qui se prête à des interprétations et à des usages multiples, le terme de « décolonisation » servira de porte d’entrée à une réflexion critique qui se déclinera en trois axes principaux.
Les deux axes thématiques de ce projet (2 & 3) feront l’objet de deux ateliers de réflexion, le premier à l’Université de Genève et le second à l’Université Cheikh-Ana Diop de Dakar. Quant à la cartographie, elle sera établie progressivement tout au long du projet, et c’est sur cette base notamment que de futures collaborations seront développées.
Le FI G3 permettra le lancement du projet SIMG3, c’est-à-dire la création d’une communauté de pratiques interdisciplinaires de la simulation médicale entre les centres de simulation de l’UNIGE, l’UdeM, l’ULB et l’UCAD.
La simulation est définie comme une méthode pédagogique active et innovante, basée sur l’apprentissage expérientiel et la pratique réflexive. Elle est devenue un incontournable en tant que ressource didactique au sein des dispositifs curriculaires en santé alignée avec les adages « jamais la première fois sur le patient » et « apprendre ensemble à travailler ensemble dans un contexte interprofessionnel ». Le développement et le maintien de la qualité des programmes de simulation, des compétences des formateurs et des compétences de nos étudiants sont des enjeux permanent. Offrir ce précieux outil pédagogique à nos étudiants et aux professionnels de la santé nécessite cependant des ressources matérielles et professorales considérables. Ces ressources sont bonifiées par les collaborations interuniversitaires, que cela soit par l’apport financier, le partage de l’expérience pédagogique ou encore le partage de l’expertise professorale.
Le SIMG3 pourra bénéficier du partage d’expertises et de bonnes pratiques des centres de simulation des 4 universités :
o Le Centre Interprofessionnel de Simulation initié en 2013 par la Faculté de Médecine de l’Université de Genève et la Haute Ecole de Santé de Genève s’est enrichi rapidement de partenaires institutionnels que sont les Hôpitaux Universitaires de Genève. Le CIS est devenu indispensable dans le développement des compétences interprofessionnelles collaboratives au sein des programmes de formation en santé.
o En service depuis février 2009, le Centre d’Apprentissage des Attitudes et des Habilités Cliniques de la faculté de médecine de l’Université de Montréal vise à offrir des activités où la sécurité des patients et des professionnels occupent une place importante. Le CAAHC possède un comité de recherche en éducation médicale basée sur la simulation qui a pour mission d’initier des projets, encadrer des chercheurs et mener à terme des études en simulation.
o Ouvert depuis mai 2015, le centre de simulation SimLabS est un partenariat entre le Pôle Santé de l’ULB, le département santé de la Haute Ecole libre de Bruxelles, et en cours d’élargissement avec l’Hôpital Universitaire de Bruxelles. Le SimLabS accompagne les équipes dans l’intégration de la simulation dans les programmes d’enseignement. Elle a développé depuis plusieurs années une spécificité en ingénierie pédagogique avec, entre autres, son certificat universitaire aux méthodes d’enseignement en simulation interprofessionnelle en santé.
o Le centre de simulation de la faculté de médecine de l’Université de Dakar, bien qu’il soit au début de son parcours en simulation, reconnait le besoin prioritaire de développer la simulation et de l’intégrer au sein des programme d’enseignement en santé.
Nos institutions reconnaissent la simulation comme un levier de la santé publique avec un impact sur l’efficience, la qualité et la sécurité des soins de santé.
Les objectifs du SIM G3 seront de pérenniser les collaborations inter-universitaires, de renforcer le partage des expertises, de développer des projets communs de recherche à grande échelle et d’outils d’innovation en simulation.
Depuis plusieurs années, les institutions patrimoniales en Europe se sont engagées dans un processus de décolonisation de leurs pratiques et de l’histoire de leurs collections muséales. Dans le domaine de l’ethnomusicologie en particulier, cette dynamique a généré des changements et des réflexions quant à l’épistémologie du terrain de recherche, le statut des collections d’instruments de musique et des archives sonores qui sont, aujourd’hui, conservées dans ces institutions. A travers leurs projets de muséographie et de médiation culturelle, les institutions patrimoniales visent à faciliter l’accès aux différents publics et à inclure les discours des communautés sources et des diasporas dans ses représentations. L’objectif est de mettre en place des constructions symétriques des savoirs. Ces expériences s’ancrent dans les enseignements d’ethnomusicologie depuis peu et une dynamique de consolidation et de transmission est à impulser avec le monde académique afin de réaffirmer l’inscription sociétale de l’ethnomusicologie dans ses terrains, qu’ils soient in situ ou transnationaux. L’objectif poursuivi est de prévenir l’essentialisation des cultures et des traditions du monde dans leurs études. Ces nouveaux défis se sont concrétisés par un renouvellement des sujets de recherche et des méthodologies, que reflètent, entre autres, les nouveaux terrains numériques, les pensées décoloniales ou encore les questions de genre.
La communication en santé se définit comme un entretien entre un professionnel de la santé, un patient, ses proches ou un collègue. Elle repose sur : (1) la maîtrise des comportements de communication ; (2) la capacité d’adaptation aux interlocuteurs et aux contextes ; (3) la capacité d’atteindre ses buts professionnels et relationnels d’une manière compatible avec ceux du patient. Cette définition intègre les éléments de modèles relationnels contemporains tout en étant à l’intersection d’autres compétences dans le domaine de soin tels le professionnalisme et la collaboration (Lussier, Richard, 2016)). En ce sens, la communication devient indissociable de la démarche clinique et de la qualité des soins.
Or, jusqu’à très récemment les programmes de formation à la communication sont soit inexistants soit lacunaires en francophonie. Pourtant, ils exigent des méthodes pédagogiques diversifiées à travers notamment des jeux de rôles ou des rencontres avec des patients simulés. Mais l’enseignement de cette compétence est confronté à de nombreux défis : augmentation de cohortes d’étudiants, manque de ressources professorales adéquatement formées et ressources limitées en laboratoire de simulation. À cela s’ajoute la nécessité de proposer une pédagogie innovante et numérique pour répondre aux besoins et au profil des étudiants actuels.
Dans ce contexte, les 3 universités ont développé des compétences diversifiées et complémentaires. L’Université de Montréal (UdeM) s’est distinguée dans le développement de la communication professionnelle en santé et des approches pédagogiques expérientielles . Par ailleurs, l’UdeM travaille à une réforme des études médicales dans le but d’y intégrer notamment la communication professionnelle et l’intelligence artificielle ainsi que des nouvelles approches pédagogiques. L’Université de Genève, quant à elle, a développé une pédagogie intégrant les laboratoires de simulation, notamment humaine. De son côté, l’Université Libre de Bruxelles a créé un dispositif pédagogique numérique innovant et immersif de simulation en ligne pour l’apprentissage de la communication dans les soins de santé.
Jusqu’à récemment, il y a eu peu de partage entre les trois universités dans le domaine de la communication en santé alors que ce genre de partage est courant dans le monde anglo-saxon. Notre projet tenant compte des expertises complémentaires des professeurs des trois universités du G3 permettra d’explorer le potentiel d'une stratégie numérique immersive au sein d’un cursus complet de formation à la communication. Notre objectif est de développer un outil numérique de formation à la communication adapté à différents contextes pédagogiques et culturels du monde francophone. Les objectifs sont :
En avril 1966, Dakar accueille le Premier Festival mondial des arts nègres (FESMAN), organisé à l’initiative du président et poète Léopold Sédar Senghor. Six ans après l’indépendance du Sénégal et l’essoufflement des dynamiques panafricaines portées par le Congo et le Ghana, cet événement consacre le pays comme pôle culturel majeur du continent. Il réunit à Dakar des centaines d’artistes, d’écrivains et d’intellectuels noirs venus du monde entier, y compris des États-Unis en pleine lutte pour les droits civiques. Le FESMAN entend placer la culture au centre de l’expérience postcoloniale et réaffirmer la maîtrise des récits historiques sur l’esclavage, notamment avec le « spectacle féerique » de Gorée, monumentale production son et lumière présentée sur l’île, haut lieu de mémoire de la traite esclavagiste.
S’inspirant des spectacles son et lumière développés en France, celui de Gorée articule projections, narration historique et mise en scène avec des centaines de figurants locaux, sur des musiques et bruitages diffusés par un dispositif stéréophonique pionnier. Produits par une équipe technique française dirigée par Jean Mazel, les tableaux dramatiques écrits par l’écrivain haïtien Jean Brierre retracent l’histoire du commerce des esclaves et la place de Gorée dans la constitution de la colonie du Sénégal, tout en esquissant l’horizon d’une fraternité future entre peuples décolonisés. Sa dimension multimédiale — jeux de lumières, performances chorégraphiques, bande sonore mêlant musiques africaines, classiques français et spirituals afro-américains — la distingue nettement des grands spectacles son et lumière des années 1950-1960, tels que ceux de Chambord, Greenwich, de l’Acropole ou des pyramides de Gizeh.
Malgré l’attention portée au FESMAN par la recherche récente, le spectacle de Gorée demeure largement sous-étudié, bien qu’il ait contribué au succès historique du festival et à instaurer une tradition locale du son et lumière toujours vivante. Cette relative invisibilité s’explique par sa nature performative et nocturne, alors difficile à documenter, ainsi que par sa dimension intermédiale, qui a entraîné une dispersion de ses différentes composantes entre plusieurs institutions. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux archives locales, encore peu dotées d’outils numériques. Cela contribue à un vide mémoriel et rend indispensable une enquête croisée, menée à la fois dans les institutions sénégalaises (Archives nationales, Fondation Senghor, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, Théâtre National Daniel Sorano, IFAN, etc.) et des fonds étrangers (notamment l’INAthèque à Paris), afin de reconstituer l’économie générale du spectacle et d’analyser sa fonction de diplomatie culturelle interafricaine et internationale au sein du Festival de 1966.
Mené en partenariat avec l’UCAD de Dakar, ce projet interdisciplinaire propose d’analyser le spectacle de Gorée comme point d’entrée privilégié pour interroger les discours historiques, esthétiques et politiques qu’il a portés sur la scène internationale, ainsi que son inscription dans la mémoire postcoloniale africaine. En étroite collaboration avec les partenaires et les archives locales, il vise une enquête de terrain approfondie, l’organisation d’un atelier international et la tenue d’une école d’été à Dakar. À la croisée des arts, ces dispositifs permettront de reconsidérer une œuvre intermédiale emblématique, conçue comme un vecteur de souveraineté culturelle et de dialogue à l’échelle mondiale.
Les perturbateurs endocriniens (PE) constituent un enjeu majeur de santé publique, en particulier chez l’enfant, dont les systèmes endocrinien et métabolique sont en plein développement. Parmi ces substances, les bisphénols (BPA et ses analogues BPF, BPS, BPAF) et le triclosan sont largement utilisés dans les plastiques, emballages alimentaires, produits de soins personnels et articles de consommation courante. Leur exposition est quasi universelle et débute dès la période prénatale. De nombreuses études suggèrent que ces composés peuvent interférer avec l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien, mais les données demeurent fragmentaires, hétérogènes et majoritairement limitées à un nombre restreint de pays et de molécules.
Le présent projet vise à évaluer l’impact de l’exposition aux bisphénols et au triclosan sur la fonction thyroïdienne chez les enfants âgés de 0 à 6 ans, une période critique pour le développement endocrinien, neurocognitif et somatique. Il repose sur une approche multicentrique et comparative impliquant quatre pays francophones répartis sur trois continents (Canada, Belgique, Suisse et Sénégal), offrant une occasion unique d’examiner l’influence de contextes environnementaux et réglementaires distincts sur l’exposition pédiatrique aux PE.
Une étude cas-contrôle sera menée auprès de 600 enfants, incluant 300 cas présentant un déséquilibre thyroïdien d’origine idiopathique et 300 témoins avec un bilan thyroïdien normal. Les paramètres hormonaux (TSH, T4 libre, T3 libre ou totale, anticorps anti-thyroperoxydase et anti-thyroglobuline) seront mesurés localement dans chaque pays partenaire, afin d’assurer la faisabilité et de limiter les coûts logistiques. En parallèle, le dosage urinaire des bisphénols et du triclosan sera centralisé à Montréal par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS/MS), garantissant l’uniformité et la comparabilité analytique des résultats entre les sites.
Les analyses statistiques, ajustées notamment pour le sexe et l’indice de masse corporelle, permettront d’évaluer l’association entre l’exposition aux PE et les paramètres thyroïdiens, ainsi que de comparer les profils d’exposition entre pays. Cette approche intégrée favorisera une meilleure compréhension des variations géographiques de l’exposition et de leur impact potentiel sur la santé endocrinienne pédiatrique.
Ce projet constitue la première étude multicentrique internationale combinant un biomonitoring élargi des bisphénols et du triclosan avec une évaluation hormonale détaillée chez des enfants d’âge préscolaire. Il générera des données inédites, essentielles pour orienter les stratégies de prévention, améliorer la surveillance clinique et soutenir l’élaboration de politiques de réduction des expositions environnementales. En outre, il servira de fondation pour le développement d’un réseau international durable en santé environnementale et endocrinienne pédiatrique, et pour de futures études portant sur d’autres perturbateurs endocriniens émergents.
Le soutien du programme G3 permettra de structurer cette collaboration internationale et de poser les bases méthodologiques nécessaires à des financements compétitifs à plus grande échelle.
Ce projet vise à soutenir la participation d’étudiants et d’enseignants des universités partenaires (UCAD, UdeM, ULB et UNIGE) à l'École d’été ODD 2026 organisée à Genève, tout en préparant collectivement une édition 2027 co-construite de cette école d'été innovante. L'école d'été ODD 2026 se passe sur deux semaines et favorise l'apprentissage active par du travail de groupe inspiré par des experts des organisations internationales (OIs) et ONGs de la Genève Internationale. L'école est dans sa dixième année d'existence à l'UNIGE, et aura cette année comme thématique "diplomatie scientifique, multilatéralisme et enjeux globaux". Une description plus complète se trouve sur https://www.unige.ch/genevasummerschools/programme/courses/odd-ecole-ete. Le projet que nous proposons ensemble pour cet appel s’inscrit dans les priorités du G3 en matière d’innovation pédagogique, de responsabilité globale et de francophonie élargie, avec une attention particulière portée à la mobilité étudiante Sud-Nord.
A l’instar des établissements d’enseignement supérieur auxquels elles se rattachent, les bibliothèques universitaires traversent une période de transformation profonde : pression budgétaire, mutation des modèles d’accès à l’information, départs massifs à la retraite du personnel, dont souvent le personnel d’encadrement, montée en puissance de l’intelligence artificielle générative et des infrastructures data driven.
Caractérisées par leur résilience organisationnelle, elles s’inscrivent aujourd’hui dans un contexte toujours plus compétitif et automatisé où les stratégies d’alliance, de concertation et de mutualisation sont source d’inspiration et de créativité.
Ce projet vise à coconstruire des modèles innovants de publication, de pilotage et de positionnement des bibliothèques scientifiques, en s’appuyant sur trois axes de travail.
Axe 1 – Rôle, valeur ajoutée et impact des bibliothèques à l’ère de l’IA
Analyser l’évolution des missions des bibliothèques dans un environnement dominé par l’IA et la datafication.
Identifier les domaines où la valeur ajoutée humaine reste déterminante.
Coconstruire un manifeste stratégique G3 « Bibliothèques universitaires 2030 ».
Élaborer des recommandations pour le pilotage des équipes dans ce contexte.
Mettre en commun des outils de formation et de mobilisation des connaissances préparés à l’intention des communautés universitaires respectives.
Axe 2 – Licences éditeurs et modèles d’accès
Comparer les modèles nationaux (Suisse, Québec/Canada, Belgique) et institutionnels d’ententes avec les grands éditeurs commerciaux à l’ère de l’IA et de la science ouverte. Analyse critique des modèles prévalant et de leurs impacts, tels les ententes Read and publish, les licences transformantes et les enjeux de désabonnement.
Analyser et partager l’expertise et les pratiques dans la mise en place de mesures ou d’outils pour soutenir la conformité des équipes de recherche aux exigences des organismes subventionnaires, particulièrement à l’heure des initiatives internationales telles que le programme Horizon Europe et les infrastructures mises en œuvre par la Commission européenne.
Analyser les alternatives existantes, avec un accent particulier sur celles qui relèvent de l’open access diamant, et les collaborations possibles en la matière.
Renforcer la bibliodiversité et la pérennité du libre accès diamant dans l’édition scientifique francophone, plus particulièrement pour les ouvrages avec le consortium québécois ERUDIT.
Produire un cadre d’aide à la décision pour les rectorats et directions universitaires, en particulier sur le volet budgétaire lié à l’accès et l’acquisition d’information scientifique et aux frais de publication.
Axe 3 – Relève managériale, succession planning et résilience organisationnelle
Partager les pratiques de planification de la relève.
Étendre l’enquête suisse initiée par le réseau suisse SLiNER en 2025 aux contextes belge et québécois.
Développer un cadre commun de compétences managériales adapté au contexte décrit.
Réfléchir aux modalités d’un programme pilote de mentorat trilatéral au sein du G3 des bibliothèques.
Partout dans le monde, les milieux naturels, constitués d’assemblages entre des êtres vivants et leur environnement, connaissent des transformations accélérées et radicales. La globalisation des activités humaines, responsable des bouleversements climatiques, de la fragmentation des habitats et de pollutions sans précédent entraînent des transformations rapides et profondes des écosystèmes : déplacements d’espèces, recomposition des communautés écologiques. Dans ce contexte, les catégories utilisées pour décrire le vivant, espèces « indigènes », « invasives », « sauvages », « domestiques » se révèlent souvent insuffisantes pour saisir la complexité des dynamiques en cours. Leurs limites sont mouvantes et mal assurées, et leur compréhension peut varier selon les régions ou les acteurs concernés. Diverses pensées relevant des sciences sociales ont réinvesti les notions d’« hybridité » (B. Latour) ou de « féralité » (A. Tsing) avec une dimension heuristique et politique renouvelée. Dans les sciences biologiques, l’accumulation récente de données génomiques montre que l’hybridation entre espèces, longtemps perçue comme un phénomène marginal, est en réalité fréquente. Pourtant, si elle a contribué à façonner l’histoire évolutive de nombreuses lignées, son interprétation demeure sujette à controverse, entre enjeux sociétaux, économiques et politiques. Les débats sur la conservation des hybrides, la gestion des espèces dites invasives ou encore la définition des espèces « naturelles » révèlent combien les classifications reposent sur des choix culturels et des cadres conceptuels historiquement construits.
L’objectif de notre projet est d’interroger les catégories mobilisées pour penser la diversité du vivant, catégories héritées et sans cesse reconstruites, et d’examiner leurs limites conceptuelles, pratiques et culturelles face aux réalités écologiques contemporaines. Il pourrait en découler des logiques et des choix de gestion des milieux différents, qui seraient mieux à même de faire face aux défis de notre temps et aux nécessités du développement durable.
Nous proposons de mener cette réflexion à travers une série de rencontres internationales pluridisciplinaires, mêlant les approches des sciences humaines & sociales et des sciences exactes. Nous nous appuierons sur les changements, au cours du temps, des classifications établies par différentes sociétés pour organiser les pensées sur le vivant et sur leur pertinence au regard des connaissances biologiques actuelles. Au-delà de la dimension temporelle, notre projet comparera deux espaces : l’Europe de l’Ouest réputée marquée par une forte anthropisation de longue durée et par des réintroductions ou retours récents d’espèces, et l’Amérique du Nord où une plus grande continuité des espaces naturels et une persistance accrue de certaines espèces auraient été favorisées.
Notre projet s’articulera autour de trois axes :
Historique : analyser l’évolution des catégories animales au fil du temps dans deux espaces : l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord ;
Biologique : évaluer, à la lumière des connaissances contemporaines, la pertinence scientifique et écologique de ces catégories et leurs conséquences pour la gestion de la biodiversité ;
Didactique : expérimenter l’intégration de ces éléments dans certains cursus universitaires en vue de préparer du matériel didactique à l’attention des enseignant·es, et à travers eux le grand public ; sensibiliser aux débats et défis écologiques contemporains.
Ce projet propose d’institutionnaliser des collaborations scientifiques existantes entre l’ULB, l’UNIGE et l’UdeM afin de structurer un pôle francophone de référence en études LGBTQI+. Il s’appuie sur des liens personnels, scientifiques et institutionnels de longue date entre les requérant·es et vise à leur donner une forme collective, visible et durable.
Le point de départ du projet est un intérêt partagé pour l’analyse des solidarités transnationales LGBTQI+, entendues comme des espaces de circulation des savoirs, des pratiques militantes, des cadres d’action politique et des formes de résistance. Ces solidarités sont au cœur des trajectoires scientifiques des collègues. Paternotte a travaillé sur l’histoire de l’International Gay and Lesbian Association (ILGA) et la mondialisation du militantisme LGBTQI+. Hamila s’est intéressé aux solidarités transnationales dans le contexte des migrations LGBTQI+, en particulier à travers des recherches menées en collaboration avec l’Alliance internationale francophone pour l’égalité et les diversités (Égides) portant sur les circulations militantes et les dynamiques de plaidoyer international. Eloit a travaillé sur l’histoire du lesbianisme et étudie actuellement les échanges lesbiens transnationaux francophones à travers l’histoire de l’International Lesbian Information Service (ILIS). Ana a étudié l’ONGisation de l’activisme féministe et les résistances militantes aux campagnes anti-genre/anti-LGBTQI+. Plusieurs ont déjà collaboré, mais jamais à quatre. Le projet vise à fédérer ces travaux autour d’un cadre commun, comparatif et francophone.
Le G3 constitue un levier stratégique pour atteindre ces objectifs. Il permet de relier des institutions où les études de genre et de sexualité sont déjà solidement institutionnalisées (ULB, UNIGE) à une université où ces champs sont en phase de consolidation (UdeM), tout en favorisant des dynamiques de formation, de mobilité et de co-construction scientifique. Le projet entend ainsi renforcer la cohérence des dispositifs existants (masters, écoles d’été, réseaux informels) et soutenir l’émergence de nouvelles structures, en incluant des doctorant·es et en créant des dynamiques nouvelles dans chaque université.
Conçu sur 24 mois, le projet articule trois dimensions de manière équilibrée : recherche, formation et structuration de réseau. Il prévoit des réunions scientifiques internationales et des échanges pédagogiques inter-universitaires, la coordination d’un numéro thématique dans la revue transatlantique et en libre accès Lien social et Politiques sur les solidarités transnationales LGBTQI+ (Hamila siège sur le comité de rédaction et a initié des discussions en ce sens), un inventaire des chercheur·es et recherches francophones en études LGBTQI+ conduisant à la soumission d’un article d’état de l’art à la revue scientifique en libre accès Genre, sexualité & société, la participation au dispositif de formation doctorale du BruLau (école d’été francophone en études genre) en 2027 à Bruxelles, combiné à des mobilités doctorales, ainsi que la participation des équipes au Congrès de la Société suisse en études genre (SSEG) à l’UNIGE et à la dixième édition du BruLau à l’Université de Lausanne en juin 2028 (après la fin du projet et sur fonds propres) pour diffuser les résultats du projet. Le projet culminera avec le dépôt d’une demande de subvention CRSH développement partenariat (200,000$, 3 ans) pour consolider et pérenniser un réseau francophone en études LGBTQI+.
En Belgique, en Suisse et au Québec, l’expérience étudiante hors de l’université prend de plus en plus d’importance pour répondre à un double impératif : favoriser l’épanouissement personnel des personnes étudiantes tout en assurant une insertion professionnelle durable. Pour ce faire, nos universités adaptent leurs programmes d’études en intégrant des formations pratiques dont certaines existent depuis longtemps (ex. stages), et d’autres plus émergentes avec le numérique (ex. cours collaboratifs internationaux). Ces formations, appréciées par les employeurs, offrent des expériences concrètes qui renforcent le lien entre nos deux milieux et permettent à la relève de sortir du cadre classique des études. Elles contribuent ainsi à développer des compétences transversales essentielles pour leur avenir.
C’est en 1960 que le concept d’apprentissage expérientiel (AE) a été développé par Carl Rogers (1), puis popularisé par David A. Kolb (2). Loin d’être un terme « parapluie », l’AE désigne, à l’origine, une approche radicalement neuve en opposition avec le format scolaire traditionnel et repose sur un certain nombre de prémisses identifiées par Dewey (3) et Lindeman (4). À la suite de Kolb (1984), nous pourrions définir l’AE comme une démarche d’enseignement où l’expérience est la finalité de l’apprentissage tout autant que le processus pour apprendre. Dans cette démarche, l’apprenant est au centre de l’enseignement. L’accompagnement pédagogique consiste alors à accompagner l’action et l’analyse de l’action pour asseoir l’apprentissage réalisé.
Une multitude de termes sont en usage pour désigner la diversité des activités que l'AE englobe. Nous retenons ici une acception large de l’expression qui ne se limite pas à l’activité intégrée au travail, mais qui inclut aussi les activités de recherche, les projets coopératifs, l’engagement étudiant, etc. À retenir que définir clairement le concept, et par exemple, le différencier de la pédagogie active est une des ambitions de ce projet.
Dans ce but, nous pouvons d’emblée poser comme condition que les pratiques recensées devront répondre à deux critères : mettre l’étudiant dans une situation à caractère authentique en dehors de son cadre d’étude « classique » et en situation d’agir, d’expérimenter par lui-même. Les travaux de Morris (6) ont également tenté de critérier l’AE en repartant du modèle de Kolb et en y ajoutant une dimension « d’exposition au risque ».
Concrètement, l'équipe du projet souhaite à travers ce projet :
· Encadrer une mobilité pour des stagiaires de formations ou de recherche (trois personnes) autour de la question de l’AE.
· Partager leurs connaissances en matière d’AE, comparer les définitions, identifier des équivalences entre les formes de formations, etc. L'équipe partira de la revue de littérature réalisée par l’UdeM, mais aussi de la classification de 10 pratiques pédagogiques expérientielles proposées par l’Université Laval pour y ajouter de nouvelles références et y inclure une dimension d’éducation comparée.
· Élaborer un guide pédagogique et une formation en ligne sur les « types » d’AE, incluant une composante méthodologique, à destination du corps enseignant.